AEROBALADE
Attention ! cette page contient de nombreuses photos et peut prendre un peu de temps pour s'ouvrir... patience !
le top des balades

DEAUVILLE
Des ailes pour les planches
(informations utiles voir bas de page)


Le symbole de Deauville : les planches en bois d'azobé.

L'idée
Le temps sera beau ! C'est Optimo-Radio qui le dit, au bulletin météo. Du moins dans le quart nord-ouest, notamment en Normandie. Une bonne nouvelle, d'autant que cette info agréable concerne tout le week-end. Je pointe le crayon sur la carte, et hop : Deauville. Nous y sommes est déjà allés, mais... c'est le jeu, ma bonne Lucette ; on n'y peut rien !

La préparation
A peine 180 km séparent Etampes de Deauville. Un peu plus d'une heure de vol au 309°. Une ligne droite sans soucis qui aboutit au choix sur les points echo-delta au nord de la CTR (pont de Normandie, très fréquenté aux beaux jours) ou sierra-delta au sud (lac de Pont l'Evèque), distants d'environ 15 km. Deux VOR alignés facilitent la navigation : Evreux (112,4) et Deauville (110,2). Les aérodromes de déroutement sont nombreux, tous sur la route. Houville-la-Branche ; Maintenon ; Bailleau ; Dreux ; St André de l'Eure ; Bernay... Un contact radio en route (TMA-2 classe D d'Evreux) encore que la fréquence soit souvent inactive le week-end. Un contact trilple à l'arrivée (ATIS, approche et tour), puisque Deauville-St Gatien est un aéroport contrôlé dans une CTR de classe D (inclus dans la TMA classe E Deauville, avec SIV). Rien d'insurmontable en soi, sauf que vu la fréquentation de l'endroit (les visiteurs anglais -entre autres- sont nombreux), rigueur et précision sont nécessaires. Les contrôleurs ne s'y trompent d'ailleurs pas, faisant, mine de rien, un petit test de localisation quand le pilote ne paraît pas très expérimenté. Le transpondeur est obligatoire. Toutefois, un contact téléphonique préalable permet d'arrêter la condition, selon le trafic attendu ou la dispo' des permanents de la tour. Le niveau de difficulté est de nature à aguerrir les pilotes hésitants, sans pour autant passer pour rédhibitoire. Pour les débutants, une première présentation accompagnés d'un pilote confirmé n'est pas une mauvaise idée, ne serait-ce que pour s'intégrer au TdP par le sud, tutoyer les réserves naturelles sans écorner leur plafond limité à 1000 ft ou éviter la ZIT du havre. La nav' ne comporte quant à elle aucune difficulté. Côté touristique, la première partie du voyage ne provoque pas d'hystérie extatique ; c'est seulement à partir de la vallée de la Risle (0,5° E) qu'on prend plaisir à baisser les yeux. Quelques points caractéristiques sont à signaler : site de Gravenchon et pont de Tancarville (au nord de la route) ; viaduc de la Risle (à Brionne) ; Pont Audemer.J'estime la balade à environ 400 km, plus l'indispensable excursion côtière, un éventuel déroutement... Le Jabiru consomme 11/h à 150 km/h... Tablons sur 47 litres de jus, sécurité incluse (les entrées maritimes sont fréquentes). Le Guépy sera raisonnablement chargé de notre matériel de camping, de quelques fringues et un stricte nécessaire de confort. Ceci porte à 444 kg le bilan de masse au décollage.


L'aérodrome de Deauville St Gatien vu par satellite (source Google maps)

Le voyage
Le but de la balade est de passer le week-end à Deauville. Inutile donc de se précipiter pour partir, bien que les journées raccourcissent dare-dare. On prend le temps de déjeuner at home, puis de prévoler consciencieusement le Guépy. Avec tout ça, le Jabiru ronronne à 14h00 et prend l'air quelques minutes plus tard, les derniers rayons d'un soleil désorienté par cette étrange fin d'été chauffant rapidement le capot. Les indicateurs sont tous nominaux ; y'a plus qu'à ! Ce qu'il y a de bien à préparer ses nav', aussi courtes soient-elles, c'est qu'on ne se soucie plus de rien une fois là-haut. Un coup d'oeil à la carte à heures fixes pour s'assurer que les points de repère sont bien à leur place ; c'est tout. Si d'aventure un d'entre-eux a disparu... nous signalerons son absence à qui de droit ! Notre route n'est pas directe. Quelques points repérés lors de précédentes balades doivent être photographiés et positionnés pour alimenter mes rubriques tourisme.


points de repère (cliquer sur la photo)

Le viaduc de Risle qui enjambe la vallée du même nom est un repère incontournable à 4 km au sud de Brionne.


L'arrivée sur Deauville
Je contacte Deauville à 6 minutes de la CTR pour m'informer de la visibilité locale. L'ATIS ne précise rien de spécial, alors que Jojo et moi constatons une dégradation sérieuse sur la côte. Nous avons prévu de contourner la CTR par le nord et d'entrer par ED pour photographier le pont de Normandie et, si le trafic le permet, faire deux ou trois tours dessus. Le contrôleur annonce 8 km avec brume légère, précisant que le café nous attend. Cool... je l'aime très chaud ! Sauf que pour nous, la visi' diminue et que la brume semble s'épaissir, et même se refermer. Pas de panique, y'a qu'à réduire l'altitude à 1200 ft avec l'accord du contrôle et continuer de la sorte. J'en mène toutefois pas large, car chaque kilomètre effacé blanchit davantage le pare-brise. Au point d'entrée, je sors mon complice Canon et shoote le pont de Normandie : la preuve est là, sans retouche, qui montre qu'en fait de 8 km, on a tout juste 2 km de visi'.


A moins de 1200 ft, le pont de Normandie est à peine discernable. Sans faire ma vieille anglaise, je préfère voir les câbles, ou mieux l'embouchure de la Seine côté du Havre !


Voler IMC, c'est voler crispé !
Pour l'instant, je ne nous sens pas en danger ; on voit clair sous la quille et dans un secteur de 45° autour. Donc pas de risque de perdre la référence horizontale. Il suffit de bien surveiller les paramètres et surtout d'accorder le compte-tours à la vitesse relative. Quand on connaît bien sa machine, la correspondance ou les variations de ces paramètres renseignent parfaitement sur l'assiette. Avec une symétrie respectée, il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Arrivé au point tournant (ED), les affaires se corsent ; suite au changement de cap amené maintenant à 230°, la brume désormais éclairée par un soleil bas se transforme en un épais masque blanc. Cette fois, je demande un coup de main au contrôleur. S'il pouvait nous ramener en base via le transpondeur, ça arrangerait bien nos bidons (dans le cas contraire, on se déroute pour une directe au Havre ou on pousse jusqu'à St Valéry). Je m'occupe de surveiller la hauteur, que je maintiens entre une limite basse de sécurité (la carte au 1/500 000 est assez précise pour garder 500 ft/sol en aveugle) et une limite haute me permettant de recouvrer un peu de visibilité horizontale. La coordination de nos compétences a raison de cette situation gênante. Si bien que moins de 4 minutes après echo-delta, j'aperçois la piste main droite comme l'avait projeté le tower-man. Il me propose une semi-directe en n° 1 devant un trafic en très longue finale... J'accepte volontiers, sachant que j'aurai sans doute placé les cales avant que l'autre ne s'annonce en courte (l'heureux avantage des ULM, hyper véloces en tour de piste !). Honnêtement ? Même pas peur. Le calme du contrôleur, ma connaissance de la région, la confiance en mon jugement et surtout... aucune croyance au surnaturel ! Ca peut paraître idiot, mais la physique conserve ses droits et sa rigueur même quand la visibilité se dégrade. Dès lors, y'a pas lieu de tourner une mayonnaise avec le manche, mais seulement de continuer son « boulot » en intégrant le paramètre manquant. Il faut parfois prendre sur soi ; ne pas se laisser aller aux sensations anormales qui naissent dans seul le but de nous mettre en vrac (trouillasse, stress...). Aussi longtemps vous volez en conditions CAVOK sans tenir le manche ; aussi longtemps ça marchera en condition IMC... même si on est crispé !


Visi ed'brin ! Avec le soleil en face, cette fois on ne voit plus rien. Le contrôleur accepte de nous "tracter" au transpondeur jusqu'en base où la visibilité est correcte selon lui. Si cela n'avait pas été possible, nous nous serions reportés sur le Havre ou St Valéry.


Et pourtant...
Le contrôleur ne s'est pas trompé. Ici, sur le bon plancher des vaches normandes, la visibilité est excellente. Le ciel est bleu, à peine voilé. On ne croirait pas un instant que 5 à 800 ft plus haut c'est la purée de pois.

A Deauville, un placeur accompagne chaque aéronef à son emplacement de stationnement. Le parking en herbe est immense. Mieux vaut ne pas se pointer juste après midi aux beaux jours, sinon gare à la marche à pied !

L'aéroport de Deauville (cliquer sur la photo)

Le 4 x 4 du placeur ne passe pas inaperçu ! Jaune canaris pour être repéré sur le tarmac comme sur les cheminements.


Taxe et salage
Stationnement en bonne et due forme du Guépy et solide arrimage aux queues de cochon. Je recommande toujours d'être prévoyant. Un mauvais coup de vent est vite arrivé. Et même sans cela, l'avion stationné devant peut générer un souffle assez puissant pour retourner un ULM, lorsqu'il met la gomme pour s'extraire de sa place (surtout par temps humide, quand le terrain est collant). Nous vidons notre matériel, y compris la tente et les duvets, dans le secret espoir de trouver un coin peinard pour passer la nuit. Franchement, sans trop y croire, car en cette période de Grand-Prix hippique (qui attire invariablement une population marginale indésirable), la surveillance et les patrouilles policières risquent d'enrayer la mécanique. Impossible de ronquer sur le d'aéroport (contrairement au Touquet), d'autant que la GTA récemment implantée sur le site trouverait sans doute à redire... Le must serait de pouvoir monter la tente dans le jardin d'un particulier... On verra ça plus tard. Pour l'heure, nous arrivons au sas de la CCI pour déclarer notre présence, nos intentions et payer la taxe d'atterrissage. Vingt-deux euros plus tard (!!!), nous sortons de l'aéroport un rien uppercutés par la note qui se décompose comme ceci : 8 euros pour l'atterro et 14 euros par nuit de stationnement (2 euros pour une journée). Renseignement pris, le tacot n'est guère plus économique : comptez 20 euros. Là, il faut connaître le coin pour savoir que la somme n'est pas indue. La descente de 5 km sur Trouville-Deauville peut durer plus de 40 mn, parfois une heure. En effet, les deux villes sont encaissées en fond d'une vallée qu'une seule route dessert. Alors forcément, quand les touristes débarquent, ça coince un chouia aux entournures. La remontée est en revanche rarement encombrée. Connaissant le truc, Jojo et moi recourrons au système D pour nous affranchir du taxi.



L'auto-stop, ça s'organise (cliquer sur la photo)

Notre astuce consiste à nous déplacer avec quelques feuilles A3 et un gros feutre. Où qu'on se trouve, un simple griffonnage indique notre destination aux automobilistes.

L'auto-stop ; la bonne méthode !
On ne choisit pas toujours... MAIS ON LE DEVRAIT ! Pour descendre en ville, c'est Jojo qui lève le pouce, panneau brandi au nez des autos qui poussent-poussent... On ne compte pas 1 minute avant que s'arrête un petit 4 x 4 Suzuki d'ancienne génération. Vous savez, le truc impensable propulsé par un moteur Renault hors d'âge et dépourvu de portières à l'arrière (et dépourvu de tout d'ailleurs, y compris d'amortisseurs). Deux jeunes super cools nous invitent à partager leur étuve. Pas de portes, et pas de fenêtres non plus à l'arrière. Pas de clim', pensez-vous... Toit en tôle dépourvu de capitonnage : l'enfer sur 4 roues. On n'a pas dû perdre moins d'un kilo (chacun) durant les trois quarts d'heure que dure la descente. Les p'tits jeunes ont pas dû se marrer depuis Paname qu'ils roulent au pas sur l'autor'. Reste qu'ils sont sympa comme tout, souriants et amoureux, se roulant des patins du regard toutes les vingt-trois secondes. Si seulement l'embrayage de leur ferraille était aussi romantique ! Là, c'est tout ou rien et la boîte grince. On a joué back to the past rien qu'en levant le pouce. Faudra que j'explique un truc à Jojo. La dernière fois, elle a dégoté une Zastava Yugo en provenance directe et sans escale de Yougoslavie... ou de Jupiter. Il ne faudrait pas que ça devienne une habitude !


Balade à Trouville (cliquer sur la photo)

Quand on descend par la D74, on passe forcément par le rond-point de La Poste, d'où part le pont des Belges (à gauche sur cette vue pour Deauville). En face, le Bld Fernand Mourreaux et ses commerces.

Balade à Trouville
Le pont des Belges relie Deauville et Trouville en enjambant la Touques. La départementale 74 qui vient de l'aéroport débouche là. À droite : Trouville, déjà accueillante avec ses commerces, son marché tout en longueur sur le Bld Fernand Moureaux. A gauche, Deauville, dont on n'aperçoit que les chantiers navals et le bassin Morny. Pour l'heure, le soleil descend de jolie façon sur la Manche, reflétant son éclat de paille sur les façades. Sur le principe, nous décidons de nous dégourdir les pattes en poussant jusqu'aux « Planches », face à la mer. Un petit kilomètre à croiser des visages bronzés, ouïr anglo-saxon et humer l'iode et le sable. Ce faisant, nous choisirons un restaurant convenable pour déguster des moules à la crème (le but inavoué de nos balades normandes). Nous optons pour la Crêperie des Quais ; la déco est sympa, la terrasse est protégée et la carte n'est pas ruineuse... .

Boire, manger ou dormir à Trouville (cliquer sur la photo)

Selon Jojo, le bonheur, c'est comme les moules à la crème...


Trouville by night...


Mon cottage sur Mars
Nous quittons le resto' repus. Le soleil est parti se coucher et nous pensons en faire de même. Sauf qu'on a rien préparé, ni rien repéré. Au pire, nous cramerons deux mois d'économies dans une luxueuse suite au cazing'. Quoique voyant débarquer deux zoulous seulement équipés d'une tente de randonnée et de deux duvets en bandoulière (et quelle bandoulière : une ficelle de la Poste !), il y a des chances pour qu'on se fasse snober nos races comme des bâtards de nos mères. Le top serait un coin paumé pour guitouner du coucher des rats au lever de Ra. Nous marchons donc... D'abord sur « les Planches », puis le long de la « Promenade Savignac », le boulevard Louis Breguet (au pif...) jusqu'au centre nautique. Le goudron s'arrêtant là, on descend sur la plage, désormais plus sauvage. Encore une centaine de mètres et ça va le faire. Aucune lumière, pas d'habitation. Ni une, ni deux, ni douze, ni soixante-quatorze d'ailleurs, on monte la tente entre la paroi et la flotte distante de huit mètres. Vérification faite, la marée ne nous surprendra pas. Bref, c'est le paradis, les anges en moins. Sauf que, bien sûr, le bal des casse-pieds reprend ses droits là ou le droit se casse le nez. Ce qui m'inspire cette triste réflexion : un jour, marre des gêneurs de tous poils, j'irai m'établir sur Mars. Un petit terrain avec une barrière blanche, parce qu'en rêve depuis toujours. Y'aura pas d'arbre et pas de voisin, ni moustique, ni personne pour m'emmerder. Un beau matin martien, faiblement ensoleillé parce que l'astre Ra-dieu est plus éloigné qu'ici bas, ce matin là, un camping-car sera garé devant mon portail. Parce que c'est comme ça et qu'on y peut rien. Parce que les cons n'ont pas de limite et que c'est d'ailleurs à ça qu'on les reconnaît (Audiard). Parce qu'un grégaire sommeil en chaque caravanier, ou parce que mon étoile en a décidé ainsi. Là, pareil. Cela fait à peine cinq minutes qu'on a clos les stores qu'un bousin en rapprochement se fait entendre. Ce ne sont que quelques jeunes qui viennent vider des bières, fumer des joints, se rouler des gadins et écouter ce qu'ils appellent de la musique. Je suis sur Mars et le camping-car est là. Deux heures plus tard, Peut-être à court de piles pour leur crincrin, de houblon macéré ou de boulettes, les d'jeunes s'arrachent rejoindre leur camping-car. La clôture redevient blanche et la nuit noire. Zzzzzzzzzzzz.

Camping sauvage (cliquer sur la photo)

C'est peut-être pas Byzance, mais la Manche c'est pas non plus le Bosphore !


Sortir des brumes...
Le petit matin est tristouille... La brume qui repose sur la mer me rend amer. Jojo ronque paisiblement pendant que je me livre à mon habituelle promenade photographique matinale. J'aime bien choper les premiers rayons qui composent la journée à venir. On sent à ce moment de quoi elle sera faite ; on peut presque la raconter par avance. Si l'humidité visible ne s'opposait à mon optimisme inné, je la dirais calme et ensoleillée, riche d'activités ludiques et propre à la découverte. Pour l'heure, les brumes matinales feraient bien de mériter leur adjectif, sinon la SNCF va compter deux clients de plus avant ce soir !
Le tracteur de Maurice - employé municipal de son état - brise la quiétude béate du matin dominical. Rien à reprocher à cet homme dont la mission est d'effacer les traces laissées par des porcs irrespectueux, afin que d'autres porcs puissent tout dégueulasser à leur tour. Après tout... faire et défaire, c'est toujours travailler. Jojo émerge. Nous replions les gaules et nous transportons à rebours vers le centre-ville pour petit-déjeuner. De jour, la Promenade Savignac mérite qu'on s'y attarde un peu ; pourquoi pas l'appareil photo en main. Dommage que le plafond baissant ne dépose un voile triste sur les clichés, car il y a ici matière à relativiser de nombreux sujets de déprime.

Promenade Savignac (cliquer sur la photo)

Le quartier Malakoff, avec la Tour du même nom donne l'impression de visiter le passé.


Balade à pieds, Promenade Savignac
Le célèbre affichiste français Raymond Savignac né à Paris en 1907 a trouvé la mort à l'âge de 94 ans à Trouville-sur-Mer (le 31 octobre 2002 ). On doit notamment à cet artiste de nombreuses affiches publicitaires simples et teintées d'humour qui font maintenant partie du patrimoine culturel français. Il a rencontré le succès en 1949 grâce à la fameuse publicité pour les savons Monsavon au lait, ce qui lui a fait dire : «Je suis né à l'âge de quarante-et-un ans, des pis de la vache Monsavon». Il est en particulier l'auteur de l'affiche du film La Guerre des boutons. Le musée Montbello de Trouville-sur-Mer lui consacre une salle spéciale, ouverte de façon permanente. On y trouve 350 affiches, 40 cartes de voeux, 12 maquettes et 12 lithographies. La promenade sur la plage lui est également dédiée. On peut y voir quelques-unes des affiches qu'il a consacrées à la station balnéaire normande. Un parcours en ville a été également conçu pour découvrir les murs peints représentant des affiches locales de l'artiste.
C'est donc un peu lui rendre hommage que d'emprunter la Promenade qui porte son nom et d'admirer (de rêver ou d'envier, c'est question de sensibilité) les luxueuses demeures qui la longent. Ce matin brumeux (encore que brouillard ou atmosphère de fin du monde imagent mieux la chose) étant propice à la morosité chez les pilotes, mieux vaut se changer les idées de la sorte. Et force est de constater qu'une telle exposition architecturale a de quoi laisser songeur...

Promenade Savignac (cliquer sur la photo)

Plein les yeux sur plus d'un kilomètre de promenade.


Petit-déjeuner à Trouville
Après cette longue balade, le petit-déjeuner sera très apprécié. Il flotte, rue des bains, une odeur de croissant chaud qui nous excite particulièrement. Tels des limiers, nous suivons au « pif » la fragrance suggestive jusqu'à la boulangerie qui l'émet et acquérons la substance nutritive qui ravira au bar nos papilles affamées...

Petit-déjeuner (cliquer sur la photo)

Il y a le choix pour bien petit-déjeuner : chocolatier, salon de thé....


Balade à Deauville
Bon... Les piles étant à présent rechargées, nous allons donner suite à notre périple pédestre. Retour au rond-point de La Poste pour cette fois traverser le pont des Belges qui mène à Deauville. L'excursion prévue est le tour de la ville par les spots sympas des cartes postales : le casino Barrière et les rues piétonnes alentours qui proposent des tenues décentes aux noceurs en java ; les établissements de bains ; les Planches et leurs célèbres cabines ; la place C. Lelouch et son restaurant bigarré ; Port-Deauville et ses villas «pieds-dans-l'eau» ; le bassin des yachts ; le chenal ; les chantiers... Une petite affaire qui devrait prendre la matinée, au bas mot.

Balade à Deauville en huit tableaux (cliquer sur la photo)

Le pont des Belges sur la Touques sépare Trouville de Deauville.


Balade à Deauville partie 1 (cliquer sur la photo)

L'hôtel Normandy-Barrière et son jardin François André.


Balade à Deauville partie 2 (cliquer sur la photo)

Boutiques de luxe, rue Edmond Blanc


Balade à Deauville partie 3 (cliquer sur la photo)

Les établissements de bains de Deauville : témoignage d'une époque révolue.


Balade à Deauville partie 4 (cliquer sur la photo)

Port-Deauville : entre villas de luxe et bateaux du même acabit.


Balade à Deauville partie 6 (cliquer sur la photo)

Le chenal qui sépare Deauville de Trouville est l'embouchure de la Touques.


Restaurant de l'aéroport
Il n'est pas nécessaire de descendre en ville pour déjeuner. Il n'y a même rien à y gagner d'autre qu'un peu de dépaysement. Car le restaurant de l'aéroport est très agréable, tant sur le plan environnemental que sur le plan humain, gérant et serveur étant d'une grande amabilité. Ajoutons que le rapport qualité/prix de la cuisine est particulièrement intéressant, et que cette dernière est soignée. Nous recommandons donc le restaurant de l'aéroport aux aéro-touristes de passage ; il ne seront pas déçus.

Le restaurant de l'aéroport (cliquer sur la photo)

Comme la terrasse, la salle du restaurant donne sur la piste et l'aire de stationnement des "gros" ou des multimoteurs.


Faut pas traîner sur le tarmac
Il y a parfois des voyages qui s'entachent d'anecdotes tantôt gênantes, tantôt amusantes, tantôt bizarres... Celui-ci en fait partie. Nous chargeons les affaires ; je procède à la prévol ; nous nous harnachons ; je mets en marche ; prends l'ATIS et contacte la tour. Le contrôleur me demande de patienter, ainsi qu'aux deux autres avions prêts au roulage. La raison est qu'un appareil de tourisme anglais est paumé entre le Havre et Deauville et que son pilote commence à paniquer. Nous écoutons les échanges à la radio ; le déroulement de ce genre de sauvetage est toujours instructif : peut-être un jour... Entre les messages très pro's qu'il délivre au touriste perdu, le contrôleur nous fait quitter le parking herbe et s'aligner sur le chemin d'accès au dur. Nous sommes en deuxième position quand le pilote anglais retrouve ses repères. « thank you very much... back to toquette (le Touquet ?)... ». Le contrôle commande les « prêts au roulage ». Nous le sommes depuis un moment, alors que l'avion devant a visiblement encore des boulons à resserrer. Nous passons prem's et roulons pour le seuil 30. Alignement et décollage dans la foulée. Nous demandons à virer au sud pour une balade en baie de Seine sur Cabourg et Courseulles. Si la visi' est bonne, nous contournerons la CTR par l'est pour rejoindre le pont de Normandie. Alors que nous quittons la CTR, nous entendons à la radio que le trafic sur Deauville est suspendu pendant qu'on dégage de la piste un avion (dont nous ne saisissons pas le type) victime d'une crevaison. Il était moins une que nous soyons cloués au sol ! Etrange journée composée par une suite d'événements pas banale...

Balade en baie de Seine (cliquer sur la photo)

Après un quart d'heure bloqués au sol à cause d'un pilote perdu dans la CTR, nous pouvons rouler.


Détour par echo-delta
Bien que l'humidité dans l'air soit encore palpable, la visibilité est cette fois suffisante pour remonter sur E-D et réaliser quelques photos du pont de Normandie. Les conditions que je me fixe sont les suivantes : accord du contrôle de Deauville dont on écorne inévitablement la CTR en tournoyant ; respect des hauteurs (CTR > 1500 ft - réserve naturelle < 1000 ft - pylônes du pont < 774 ft). Ce sera donc 1300 ft, avec rapport de position au contrôle. C'est parti pour 900° (deux tours et demi) au dessus du deuxième plus long pont à haubans du monde. Et comme cette étrange journée n'en finit pas de surprendre, un Robin, venant d'on ne sait où et navigant on ne sait comment, trouve le moyen de contrarier un contrôleur d'ordinaire bien zen... Nous le surveillons l'instant de le voire s'éloigner vers le nord-est, emboutissant d'un coup la ZIT du Havre et la réserve naturelle attenante, moins haut que la cime des pylônes.

Le pont de Normandie (cliquer sur la photo)

Enfin la brume s'en est retournée à Londres, redonner leurs couleurs naturelles à Big Ben et Piccadilly .


Retour sur Etampes
C'est bien d'être parigo'. On rentre toujours de la côte ouest avec le soleil dans le dos. Cela permet de voler un peut plus tard et sans fatigue, à l'heure où les thermiques sont parties se pieuter et où le trafic se résorbe. Du coup, on peut d'adonner à la contemplation, voire à la rêverie... Jojo, elle, s'adonne au sommeil profond, un rien démolie par le grand air et la marche... Faut dire qu'on a bien donné, ce week-end.


Ca ronque grave, dans la cabine. Un bruit parasite dans le moteur ? Non, c'est juste Jojo qui ronfle.


Le bilan
Jolie balade, en dépit de la brume qui nous a gêné à l'arrivée. Deauville est un aéroport impersonnel et efficace, bien équipé, et dans lequel on peut garer son aéronef sans risque de mauvaise surprise. Saluons le boulot des contrôleurs qui prouvent ici leur aptitude bilingue dans le calme. Le principal atout de cette plate-forme chère est la proximité des villes de Trouville et Deauville où il fait bon jouer les touristes, et la distance depuis les aérodromes d'Ile de France. En effet, Deauville est la plus proche destination maritime. Agrémenté d'une balade côtière, notre périple a totalisé environ 525 km (tracé GPS) pour une durée de vol totale de 3h38. Le Guépy a consommé 41 litres de SP 95, une dépense à peine supérieure à celle qu'occasionne la même sortie en voiture. Tout ceci reste parfaitement raisonnable.


carburant
52 euros
restaurant soir
33 euros
petit déjeuner
14 euros
restaurant midi
21,50 euros
bar

6,50 euros

total (pour deux personnes)
127,00 euros




Informations utiles



Fiche aérodrome
Deauville - St Gatien (LFRG)



ALT AD : 479 ft (18 hPa)
LAT : 49 21 48 N - LONG : 000 09 36 E
RWY 12/30 - piste : 2550 x 45 m revêtue
RWY 12/30 - piste : 700 x 60 m gazonnée (du 1/05 au 30/09)
VAR : 2° W (05)
ATIS : 136,15 - APP : 120,35
TWR ou A/A : 118,3
Aérodrome ouvert à la CAP (ULM autorisés)
5,5 km E Deauville


Distances
Deauville - St Gatien

175 km depuis L'Aigle St Michel (LFOL)
170 km depuis Amiens Glisy (LFAY)
160 km depuis Persan Beaumont (LFPA)
95 depuis Mortagne au Perche (LFAX)
100 km depuis Alençon Valframbert (LFOF)
155 km depuis Toussus le Noble (LFPN)
160 km depuis Chartres Champhol (LFOR)
180 km depuis Etampes Mondesir (LFOX)
135 km depuis Granville (LFRF)
230 km depuis Coulomiers Voisins (LFPK)
240 km depuis Lognes Emérainville (LFPL)
250 km depuis Pont sur Yonne (LFGO)
160 km depuis Berck sur Mer (LFAM))





Notes

Difficulté circuit d'aérodrome
Restauration
Intérêt visite
Accueil club
Aéro-parking visiteurs

3/5
4/5
5/5
---
5/5


Restaurant de l'Aéroport
Situé dans l'aérogare de Deauville, à l'étage, le restaurant propose une formule snack ou une cuisine traditionnelle intégrant des spécialités normandes. Ouvert tous les jours de 9 à 17h00 du 1er avril au 30 septembre et mêmes horaires sauf lundi et mardi le reste de l'année. Notez que le gérant habitué à servir les charters sert aussi des petits déjeuners et prépare les repas de groupe sur réservation. Salle intérieure et terrasse extérieure.
La carte restaurant compose un repas pour 20 à 28 euros
La carte snack compose un encas pour 5 à 12 euros
Contact : Pierre Gauchiran 02 31 64 81 81



Services
Hangar pour aéronef de passage : non



Taxe d'atterrissage
8 euros
parking jour : 2 euros
parking nuit : 14.22 euros



Carburant
Station de piste
AVGAS 100 LL et JET A1
8h00-12h00 & 14h00-19h00 semaine
9h00-12h00 & 14h00-19h00 JF et WE



Sociétés, aéro-clubs et écoles de pilotage

Aéro-club de Deauville
Tel. : 02 31 64 00 93
http://www.acdeauville.free.fr
Baptèmes, école...



CCI - ATS

Aérodrome de Deauville Sy Gatien, 14130 St Gatien des Bois
CCI et douanes...........................Tel. : 02 31 65 65 65
ATS (APP et SIV).......................Tel. : 02 31 65 65 31